Gros plan sur quatre mains tenant une culotte menstruelle rose Nana sur un fond rose.

Pertes blanches odorante durant l’ovulation : est-ce normal ?

En un mot : oui ! Les pertes blanches sont une sécrétion parfaitement normale pour un corps dit féminin (femmes ou hommes trans, personnes non binaires ou intersexes dotées d’un utérus…). Mais vous voulez sans doute davantage de détails. Alors faisons le tour des questions liées aux leucorrhées, ou pertes blanches. Que sont exactement les pertes blanches, pourquoi en a-t-on, comment faire pour bien les gérer ?

Les pertes blanches : toutes vos questions

Le nom scientifique des « pertes blanches » est les leucorrhées. Les leucorrhées sont en fait liées au cycle menstruel et à l’ovulation. C’est pour cela que vous n’en aviez pas avant la puberté : les pertes blanches avant la puberté peuvent plutôt indiquer un problème[1]. C’est également pour cela que les leucorrhées vont diminuer au moment de la ménopause[2] (et que chez les personnes n’ayant plus leurs règles à cause de la ménopause, les problèmes de sécheresse vaginale sont plus fréquents).

Les pertes blanches peuvent surprendre au début. Mais elles sont naturelles, et ne doivent pas vous inquiéter.



[1] https://pap-pediatrie.fr/gyneco-obstetrique/leuchorree

[2] https://www.santemagazine.fr/sante/maladies/maladies-gynecologiques/leucorrhees-pertes-blanches-177307

Les pertes blanches, c’est quoi ?  

Les pertes blanches sont composées en partie de sécrétions de glaire cervicale[3]. La glaire cervicale est importante : c’est une substance qui protège les parois du vagin et le col de l’utérus chez les femmes (et les personnes à utérus). Cette glaire va s’évacuer au fur et à mesure, car le vagin est un organe qui se nettoie seul et maintient « en bon état » sa flore bactérienne complexe. Celle-ci est un peu complexe, propre à chaque personne, et pour la préserver, le vagin se débarrasse progressivement des cellules et bactéries étrangères inutiles. Les leucorrhées contiennent donc de la glaire cervicale, mais pas seulement. Dans les pertes blanches, il y a aussi des squames du col de l’utérus et du vagin[4].  



[3] https://www.santemagazine.fr/sante/maladies/maladies-gynecologiques/leucorrhees-pertes-blanches-177307

[4] https://www.universalis.fr/encyclopedie/leucorrhees/

Des pertes blanches « normales », ça ressemble à quoi ? 

D’abord, il faut se souvenir que « normal », pour le corps, c’est une notion qui ne s’applique pas réellement. Car ce qui est « normal » pour un corps ne le sera pas forcément pour un autre. Les pertes « blanches », ne le sont pas vraiment. D’une personne à l’autre, et d’un moment du cycle à l’autre, elles seront plutôt beiges, ou nacrées. Et ça ne doit pas vous inquiéter. Ce qui doit susciter votre attention, c’est aux changements, en particulier les changements rapides. Par exemple, si les pertes deviennent jaunâtres ou même verdâtres, cela peut être le symptôme d’un déséquilibre de la flore vaginale. Dans le cas où ce changement de couleur associé à une sensation de brûlure vaginale (dans le vagin), cela peut aussi évoquer une infection ou une mycose.

Les pertes blanches sont-elles sales ?

Les pertes blanches (ou pertes vaginales, ou leucorrhées) ne sont pas sales. Le vagin en produit : c’est naturel et plutôt le signe d’un corps en bonne santé. La seule chose à « faire », c’est de regarder les pertes blanches, tranquillement, quand vous baissez votre culotte pour aller aux toilettes par exemple, pour repérer un changement de couleur ou de consistances. Progressivement, vous allez repérer ce qui est « normal » pour vous, et à quel moment du cycle. Comme ça, s’il y a un changement dans la consistance, la couleur ou la quantité des pertes blanches, vous saurez repérer le problème s’il y en a un.

Les pertes blanches ont une odeur 

Comme toutes les secrétions produites par le corps, les pertes blanches ont une légère odeur, qui est composée de plusieurs « mini-odeurs » différentes, et qui varie selon les corps[5], et peut devenir plus forte à certains moments du cycle, après le sport ou quand il fait très chaud[6], par exemple[7]. Là aussi, votre odeur naturelle signifie simplement que vous êtes en bonne santé. L’odeur des leucorrhées peut varier selon les phases du cycle, mais aussi selon votre alimentation. Une odeur forte, en revanche, doit vous alerter[8].



[5] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC1480553/

[6] https://www.healthline.com/health/womens-health/smell-after-workout

[7] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1243522/

[8] https://www.santemagazine.fr/sante/maladies/maladies-gynecologiques/leucorrhees-pertes-blanches-177307

Les pertes blanches et la cyprine, c’est pareil ? 

Attention, pertes blanches et cyprines sont deux choses distinctes, même s’il peut y avoir de la cyprine dans les pertes vaginales. Dans quelle mesure ? Nos fameuses leucorrhées (ou pertes blanches, ou secrétions vaginales), et la cyprine (la lubrification naturelle que produit le vagin lors d’un rapport sexuel, ou quand une personne est excitée) ne remplissent pas les mêmes rôles.

La cyprine est en général incolore et fluide. Sa fonction ? Rendre la pénétration plus facile. Et si vous voulez tout savoir sur la cyprine, c’est par ici. 

Ovulation et pertes blanches : quel rapport ? 

En fait, ce n’est pas l’ovulation à elle seule qui est la cause des pertes blanches. Mais l’ovulation a cependant un impact direct. Vous vous souvenez de la glaire cervicale que nous évoquions plus haut ? Elle change d’aspect et de consistance, et ce tout au long du cycle menstruel. Donc, l’ovulation a un impact direct sur les pertes blanches puisque celles-ci sont composées principalement de glaire cervicale.

Phases du cycle menstruel : on révise les bases !

Le cycle menstruel prend 28 jours environ[9] chez les personnes dotées d’un utérus et il se répète chaque mois entre la puberté et la ménopause.

·       Le premier jour des règles, le cerveau commence à sécréter une hormone liée au cycle menstruel. Il s’agit de la FSH. Une hormone folliculo-stimulante[10] qui stimule les ovaires pendant les 14 premiers jours du cycle environ. La FSH encourage également la production d'estrogènes par le corps. Sans œstrogènes, la maturation du futur ovule n’est pas possible.

·       Ensuite, quelques jours avant l'ovulation, le cerveau commence à sécréter de la LH (hormone lutéinisante[11]) : cette hormone entraîne l’ovulation.

·       Puis, pendant l’ovulation, le corps commence à sécréter de la progestérone. Il s’agit là encore d’une hormone. Celle-ci envoie à votre corps l’instruction d’épaissir l’endomètre (ou la paroi interne de l'utérus, qui donnera les règles quand elle s’évacuera) pour être prêt à accueillir un ovule, et à l’héberger en cas de fécondation.

·       Dans le corps, la FSH et la LH vont être progressivement remplacées par de la progestérone. À ce stade, si l’ovule n’est pas fécondé, la chute d'estrogènes et de progestérone provoque des saignements de l'endomètre : il va s’évacuer par le vagin. Ce sont les règles arrivent.



[9] https://www.vidal.fr/maladies/sexualite-contraception/contraception-feminine/hormones-feminines-cycle-menstruel.html

[10] https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-anatomie-et-examens/2517789-fsh-hormone-folliculo-stimulante-taux-femme-homme/

[11] https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-anatomie-et-examens/2517789-fsh-hormone-folliculo-stimulante-taux-femme-homme/

Ovulation et pertes blanches

Alors, l’ovulation et les pertes blanches ? Comme vous le voyez, le cycle menstruel est un processus complexe, influencé par les hormones, et tout au long du cycle menstruel, la glaire cervicale (que l’on retrouve dans les pertes blanches) évolue. Durant la phase où l’ovulation approche, la quantité de glaire cervicale augmente, et elle devient aussi plus fluide.

Il est possible d’observer :

·       Une glaire cervicale filante et transparente avant l’ovulation : c’est pour faciliter le chemin des spermatozoïdes[12].

·       Une glaire cervicale opaque et collante après l’ovulation : c’est pour empêcher la progression des spermatozoïdes.



[12] https://www.santemagazine.fr/grossesse/conception-bebe/pertes-au-moment-de-lovulation-role-consistance-fecondite-895307

Que faire en cas de pertes blanches liées à l’ovulation ?

Des pertes blanches signifient que le corps des femmes (ou des personnes à utérus) fonctionne bien. Et si le corps fonctionne bien, il n’y a pas besoin de « faire » quoi que ce soit !

Les pertes blanches au quotidien

Si les pertes sont « normales », il n’y a rien à faire, et même : il ne faut rien faire, car essayer d’empêcher le vagin de produire des pertes blanches peut être nocif. Par exemple, quand on ne sait pas, on peut se dire que ces secrétions sont sales, mais encore une fois, il n’en est rien.

Il ne faut donc surtout pas nettoyer l’intérieur du vagin, avec du savon ou d’autres nettoyants, ni même juste avec de l’eau. Vous pouvez vous rincer la vulve à l’eau, et si cela vous met plus à l’aise, utiliser un protège-lingerie. Mais laissez le vagin faire son travail, sans l’embêter. C’est le meilleur conseil qu’on peut vous donner !

 

Nos normes et notre manière de percevoir le corps des femmes changent et évoluent. Le corps des femmes a toujours donné lieu à une mythologie, à des fantasmes, en particulier le fantasme d’un corps féminin malsain. Les femmes elles-mêmes s’observent sans tendresse[13]…. Aussi parce qu’elles sont soumises à tant d’injonctions ! Même la médecine n’est pas tendre avec le corps dit féminin. On base les études sur les hommes, parce qu’ils sont moins soumis à des variations hormonales, comme si le masculin était l’universel, la norme, et que le féminin était une déviance vis-à-vis de cette norme[14]. On ne va pas vous rajouter encore des injonctions et vous dire quoi faire ! Mais soyez tendre avec vous-même, ne vous jugez pas durement. Vous n’êtes pas sale, pas soignée ou malodorante juste parce que votre corps fonctionne normalement ! Avec des pertes blanches, de la transpiration… C’est la vie !



[13] https://shs.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2004-2-page-55?lang=fr

[14] https://sciencesenbref.com/2021/11/01/la-sante-des-femmes-ignoree-dans-la-recherche-medicale-mondiale/